dimanche 30 septembre 2012



Il nous aurait fallu des pierres


des pierres des pierres des pierres

de l'alcool pour brûler nos maisons
des genoux pour hurler nos prières
du temps pour blanchir nos raisons
des pierres des pierres des pierres

des nerfs pour y plonger les doigts
c'est trop chaud
bouillante écume de ton cœur

des dents sous le rouge à lèvres
des chiens noyés qui s'étonnent
s'arc envoûter jusqu'à plus fièvre
pas fiers d'un courage de santons

oh Anton le poids d'injustice
(je t'appelle Anton - trois sous
- une misère)
il a déchiré mon front
je suis restée muette devant l'oiseau
comme quand tes yeux en sourdine marteaux
muette une feuille fêlée

je nie ton gros prénom rieur

la chaleur est notre unique courroie
cordon de nos mains effilé
et nos vélos ont des roues de fortune

des pierres des pierres des pierres
ce que je sentais ricoche
rouille et se perd
mon vieil Anton tu es tout terne
reprends de notre alcool



le verre n'a plus ton sourire


il est jaloux le verre de ce grand personnage
qui dort avec mon écharpe
la tête sur mon sac-à-dos
les yeux ébouriffés
le soleil lui pardonne tous ses mensonges
minutieusement
et j'ai lu tous ces livres qui me parlaient de toi dans une autre langue
et je les ai aimés
et je les ai paumés
et il ne reste rien qu'un peu de cendre
la bave sur ta cigarette

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